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Bérurier Noir 2003

Bérurier Noir
Vivre Libre ou Mourir

Ça commence par un enterrement (concert de l'usine Pali-Kao, 198 ) et ça finira 7 ans plus tard par un suicide qui prendra 3 jours à s'accomplir (concerts de l'Olympia, 1989), pas étonnant pour un groupe qui porte le Noir en étendard dans son nom.
Et c'est vrai que le plus étonnant n'est pas cette récurrence morbide dans leur parcours mais bien cette énergie positive qu'ils génèrent partout.

Loran : quand le punk devient " no future " il n'est plus punk, il faut qu'il dérape dans son propre truc !
François : c'est ce qu'avait écrit Miki sur son drap " yes future ", ce côté prendre les slogans du punk et les remanier pour faire une démarche.
démarche : manière de progresser dans un raisonnement.
Tout fonctionne à l'instinct et le pire de tout, est que ça fonctionne, tirer de l'avant par leur propre énergie renvoyée par un public toujours plus nombreux, 1986 les sort définitivement de l'anonymat médiatique propulsés de tv en radio, un mythe qui ne leur appartient plus s'exprimera pour la première fois dans la rue, quand battant le pavé, la génération " Devaquet au piquet " entonnera à tue-tête " L'empereur Tomato-Ketchup ".
Accusés de tous les maux ( par les jaloux ? ), ils tentent de reprendre le contrôle du navire.
Loran : on était sur un bateau... y'a un terme qu'on employait à un moment c'est le " radeau de la Béruse ",
c'était vraiment ça le trip, on était sur un bateau.
1987 s'enchaine de lui même, c'est la grève des concerts, la création du Bulletin d'information "Mouvement de la jeunesse" pour tenter de communiquer quand même avec un public qui devient masse mais rien arrête la machine qui s'est emballée, elle-même ; le groupe ne maîtrise plus son image, les jalousies d'un milieu qui se voulait soudé leur renvoi une image de traîtres à la cause.
Désireux de prouver leur engagement sans faille, ils se payent le culot de faire le Zénith - concert unique à prix cassés et pris assaut - et de refuser le Bus d'acier dans la même année (1988) et on leur reprochera ça aussi...
Et à l'aube de 1989, l'affaire Black War sera venue à bout de leur résistance, couronnés par 3 soirs à l'Olympia, les derniers cris du Troupeau d'Rock auront sonnés à l'unisson des coups de pioche d'une autre foule : celle qui détruisait le Mur de Berlin : conclusion idéale pour ceux qui se réclamaient du nom de " Petit Théâtre de Force ".
Présent dans bien des mémoires, le mythe aura continuer malgré et surtout sans, eux, érigés en Héros pour avoir préféré se saboter plutôt que d'être sabordé.
Loran : Si on a arrêté aussi, c'est peut-être qu'on en avait marre de cette pression :
dès que Béru parlent c'est " whaaaa ! ", dès que Béru font ci c'est "whaaaa !", t'en as raz le cul !
Et c'est tout un petit monde dont la plus grande partie s'est arrêtée de tourner après 1989...
Petit monde triste du deuil guettant, en espérant une hypothétique reformation à chaque frémissement et bombant le torse de désespoir autant que d'envie en arguant l'intégrité devant ceux qui osaient la reformation (justement !), 14 ans à dresser la tête fièrement en grommelant : " ouais, mais Béru y se reforment pas, Eux ! ".
Et c'est pas les rumeurs qui ont manquées en 14 ans d'absence, la plus persistante ayant bien été celle des 10 ans du suicide en 1999 avec la sortie de la compil " Enfoncez le clown ".
Loran : En 99, la petite étincelle était pas vraiment là, je sais pas si François peut le dire.
On peut pas fonctionner autrement, et c'est pour ça qu'il y a un côté naïf
et c'est pour ça aussi que des fois on dérape parce que quand tu marches avec le coeur, bon, ben voila...
Mais, comme pour signifier qu'au 3° millénaire c'est le mois de septembre qui restera définitivement marqué de l'emblème du chaos, c'est en septembre 2003 que tombe l'incroyable nouvelle.
Le 24 septembre, les transmusicales de Rennes publient sur le net sur leur pré-programme :
Bérurier Noir est annoncé pour le jeudi 4 décembre !
Pendant quelques heures chaotiques, ce petit monde s'interroge et dès le soir même les confirmations tombent : cette fois, ça n'est pas une rumeur !
trans
Loran : Je ne me rappelle même plus comment ça a commencé tellement ça s'est fait naturellement,
moi je me suis retrouvé à venir à Paris alors que je n'y venais plus, c'est venu tout seul, naturellement,
c'est ça que je trouve chouette. Après c'est sûr que les gens y fabulent parce que les gens y nous connaissent pas,
on peut pas connaître tout le monde, c'est comme ça dans la vie, sinon on passerait notre temps à parler,
tu vois, déjà moi, je parle énormément.
NEW Rennes 2003 NEW

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