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Elegy n°21

Elegy, n° 21, avril-mai 02
Culture : " La Crobard Team ou l'humour en noir ", page 74-75
par Alyz Tale
vous y trouverez une double page de dessins et d'interview trop longue à transcrire ici.
à noter aussi pour la première fois : The crobard dans les news.
Dans l'édito :
"...Quand à ceux qui ne seraient pas trop observateurs, nous vous signalons l'arrivée de la team Crobard dans nos pages. Mais oui, vous savez, Fab et Sand, les 2 fous qui ont osé caricaturer notre milieu goth ! Si vous ne connaissez pas leur webzine, vous avez forcément rencontré leur humour décapant dans le (malheureusement défunt) Follower. Sachez que c'est avec grand plaisir que nous leur ouvrons nos pages aujourd'hui...."

http://www.elegymag.com

Interview complète à : http://www.elegymag.com/articles/article.asp?id_art=3694

La Crobard Team ou l'humour en noir
La comicpage est devenue l’une des références du Net gothique, et les dancefloors des soirées se mettent à trembler lorsque ses créateurs, Fab et Sand, font leur entrée… Après avoir accompagné la (trop courte) vie du Follower, Elegy ouvre désormais ses pages à la Crobard team ! Petite interview en guise de tapis rouge…

Gageons que lorsque la Crobard team a lancé TheCrobard.comicpage.com, un site internet humoristique dédié à notre cher milieu gothique, d’aucuns auraient juré ses grands dieux que la sauce ne prendrait pas, que la dérision ne pouvait exister dans notre sombre univers, et encore moins l’autodérision. Que nenni !

Qui est exactement la Crobard team ? Qui fait quoi entre vous deux ?
Fab Crobard : la Crobard team, c’est deux personnes : Sand et moi
Sand : Nous avons pris le nom de « team » pour jouer sur le côté ambigu du site : les gens fouillent rarement tout le site – hormis quelques fans – tout simplement parce qu’il est maintenant trop vaste (nous avons calculé qu’il faudrait trois jours pour le voir intégralement…), nos visiteurs ne savent donc pas à qui ou à quoi ils ont affaire, hormis ce fameux Fab Crobard signalé partout ! Comme nous bossons vraiment ensemble, que c’est vraiment un boulot d’équipe, nous aimons entretenir l’ambiguïté qui règne autour du « qui fait quoi ». Un dessin fait quatre allers-retours entre nos différentes mains avant d’être mis en ligne, sans considérer le fait qu’on en parle ensemble auparavant.
Fab : Schématiquement, moi je fais toute la partie « illustrative » (dessin ou synthèse), Sand s’occupe, elle, du rédactionnel, de la mise en page et du look du site. Les idées, quant à elles, viennent de l’un, de l’autre, on rebondit, on déforme, on rit, quelquefois, ça finit en dessin.
Quand et comment a germé l’idée de « croquer » le monde gothique ?
La première mouture de ce qui est maintenant The crobard webzine a été mise en ligne en février 1999. À cette époque, le web gothique francophone en était à ses balbutiements, et c’était « marrant » de faire une page perso « pour voir » ; parallèlement s’était montée la liste de diffusion gothique. On avait fini par apprendre qu’un certain nombre d’abonnés de cette liste étaient parisiens, et on se manquait à chaque rendez-vous. J’ai envoyé une caricature de moi sur la liste (d’ailleurs si quelqu’un l’a encore, j’en veux bien une copie) pour qu’on se reconnaisse : c’était le premier crobard. J’avais cette page perso désespérément vide, alors je me suis mis à faire un crobard que je mettais en haut d’une page chaque semaine. Les premiers crobards n’étaient destinés qu’à faire rire une vingtaine de personnes, et le site a commencé à être référencé sans que je fasse quoi que ce soit ! Et vu que le public auquel je pensais m’adresser était exclusivement goth et parisien, il était logique de leur parler d’eux pour les faire rire. On ne caricature bien que ce que l’on connaît bien.
Pourquoi les goths ? N’était-ce pas un sujet d’étude un peu facile ?
Sand : Justement, pour caricaturer correctement, il faut bien connaître : les goths, nous les fréquentons depuis pas mal de temps, l’un comme l’autre. Et puis la caricature comporte toujours en quelque sorte une part d’hommage.
Fab : Ça n’est pas si facile de faire de l’humour dans un milieu ou le principal cliché est le côté dépressif suicidaire ; pas facile de ne pas retomber dans les mêmes idées et d’innover après plus de 600 dessins.
Sand : On aime bien appuyer là où ça fait mal et on ne fait pas ça qu’avec les goths, d’ailleurs. Si on a plus de choses sur les goths c’est parce qu’on entretient un affectif particulier avec eux, on est des sympathisants, quoi !
Vous êtes très actifs sur le Net, vous gérez plusieurs sites, vous gérez la mailing-list goth française… Vous avez donc beaucoup de contacts avec vos « lecteurs » ; quelles sont leurs réactions ? Que pensent les gens de vos travaux, en général ?
Sand : C’est même sans doute de là qu’est venu le « succès » (mot relatif) du Crobard. Internet permet une véritable interactivité, les gens participent énormément au Crobard, que ce soit en nous envoyant des e-mails pour nous féliciter ou pour nous soumettre des idées. La rubrique « Comment voyager gothique », par exemple, a été presque exclusivement réalisée grâce à nos lecteurs.
Fab : C’est vrai que nous avons pas mal de retours et que nous sommes régulièrement surpris par l’humour dont fait preuve la grande majorité de nos visiteurs. Par exemple, nous avons beaucoup de félicitations de la part de métalleux, alors que nous ne sommes pas tendres avec eux… Sur la messagerie du site, nous n’avons encore jamais reçu de mail d’insultes et, pour être honnête, le seul dessin à avoir suscité une réaction négative avait été publié dans le Follower.
Sand : De toute façon, c’est cette interactivité qui fait vivre le site, et tant que nous recevrons des mails de félicitations, nous continuerons à l’animer.
Fab : Et puis, pour l’instant, les gens qui nous écrivent pour nous dire qu’ils se sont vraiment marré et que le site leur a plu sont notre seule rétribution.
Sand : En fait, les réactions vraiment surprenantes ont surtout lieu IRL (« in real life »), en soirées : les gens viennent nous raconter les derniers ragot(h)s, médire sur telle ou telle personne avec une intention bien précise.
Fab : Il y a ceux qui viennent volontairement se mettre en scène devant nous dans l’espoir d’être dessinés et ceux qui se sauvent dès qu’ils nous voient, de peur de finir en crobard…
Vous avez caricaturé des personnes « connues » du milieu (organisateurs de soirées, membres de groupes, etc.). N’avez-vous jamais rencontré de problèmes ? des représailles ? Des représailles ?
Fab : Non, jamais. Des rires jaunes par contre, souvent !
Sand : Les organisateurs, comme les membres des groupes, sont comme nous, ils ont un œil plus « extérieur » à la scène avec le recul propice à l’autodérision, ils font en général partie de nos « fans ». Et puis, il semble qu’il y ait pour certains une sorte de prestige du crobard : il faut avoir eu son crobard, peu importe la situation !
Fab : Et puis, quels problèmes ? La fermeture du site ? Pour quelles raisons ? caricature ? Hormis le fait que ce soit ridicule, le droit à la caricature est reconnu en France. Nous ne diffamons pas, nous mettons juste en exergue les petits défauts qui agacent.
Vous arrive-t-il de vous autocensurer ? Y a-t-il des dessins que vous n’avez jamais osé publier par crainte des susdites représailles, ou de vexations ? Si oui, pourquoi ? Des exemples ?
Sand : Au début, non avons publié tout sans distinction, puis par la suite, via les retours sous forme d’e-mails, nous avons commencé à comprendre que notre public dépassait les vingt internautes gothiques parisiens. Nous avons alors décidé de « censurer » (le mot est fort) certains dessins trop « private joke ». Il y a toujours environ deux tiers des dessins qui traînent et que nous n’avons pas pris le temps de scanner, ou pour lesquels il n’existe pas de rubrique adaptée sur le site.
Fab : Oui, il y a quelques dessins qui restent inédits parce que nous entretenons un vieux fond d’humanisme et qu’il y a toujours des situations qui se prêtent trop facilement à la dérision. Et sans avoir besoin de représailles, nous savons prendre du recul par rapport à notre boulot et réagir quand nous allons trop loin.
Comptez-vous un jour sortir sur papier relié le livre Crobard ?
En termes de publication papier, nous avons collaboré avec le Follower tout le temps que ce dernier a existé, mais c’est notre seule expérience jusqu’à présent. On nous parle régulièrement d’édition papier du Crobard, mais à vrai dire, nous n’avons jamais vraiment cherché d’éditeur (d’ailleurs, si par hasard l’un d’eux lisait ces lignes…).
Sand : Passer à une version papier demanderait un gros travail d’épuration et de structuration du contenu du site, chose que nous n’avons pas encore envisagée.
Fab : On se sentirait effectivement plus à l’aise sur une publication périodique comme un mag, par exemple… (Grand regard langoureux, clignement de cils innocent, sourire angélique).
D’une manière générale, quels sont vos projets ?
Sand : Nous avons plein d’idées, mais pas assez de temps pour tout réaliser.
Fab : … Continuer et évoluer vers des univers plus entiers, plus narratifs, comme nous l’avons fait sur les dernières grosses mises à jour du site avec « GothStory » et les « PokéGoth ». Et sortir du simple crobard pour l’habiller davantage.
Sand : Mais l’esprit restera toujours le même : ne rien prendre au sérieux et se moquer de tout !
Fab : nous essayons aussi de développer notre activité de VJ (vidéo-jockey), nous habillons la soirée annuelle du nouvel an de Sanctuary Suisse, « A gathering of the tribe ». Nous bossons pour cela avec d’autres organisateurs de soirées goth (et pas goth, également). Cette année, nous avons un projet de collaboration avec un groupe pour habiller visuellement leur concert. Et pourquoi, au bout du compte, ne pas rejoindre les deux en s’essayant à l’animation et voir naître des cartoons façon Crobard ?

Site internet : www.thecrobard.propagande.org

Propos recueillis par Alyz Tale

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