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divine comedy

Encore un de ces touche-à-tout comme il en traîne dans les scènes dark,
timide qui se soigne et s'exprime tant dans la musique que dans la peinture,
il a logiquement joint les 2 via la création du label Divine Comedy.

Fab : pour le label Divine Comedy

1/ Qu'est ce qui t'attire dans la scène/culture goth ou "dark" ?
Je ne sais pas, c'est un contexte particulier, qui dans les 80's m'a spontanément orienté vers ça...
J'étais curieux, et j'aimais bien tout ce qui " venait d'ailleurs ... "
En plus, début 80's, il y avait plein de choses passionnantes qui sortaient , radicalement dépaysantes... et au lycée, dans les quartiers Sud de Marseille, la vie était barbante et sans surprise. Je me suis directement échappé par la brèche du cinéma underground, de la litterature, et de la musique... entre autres choses.
Et je trouvais que les filles habillées en noir étaient plus belles que les autres.
Et dans ce milieux, qui était très étudiant, je croisais des gens qui avaient des choses différentes à raconter, et à propager.
Le succès de Cure a rendu ça très caricatural, mais bon, pour moi, le mal était fait, et j'ai continué à consommer de la musique " d'autres planètes " ( puisqu'il faut une appellation ), jusqu'à aujourd'hui, encore.
L'idée de monter un label remonte d'ailleurs à la fascination que j'avais pour l'alliage de la pensée graphique, musicale, et idéaliste que je trouvais dans les 1ers Factory, 4AD, Sordide Sentimental, I.A.S, puis RRR and co... ... j'avais 15 ans, et j'me disais... un jour viendra...

2/ A quel souvenir/artiste est liée ta "découverte" de cette scène ?
En 81, les radios libres sont arrivées en force, et en 82, je suis tombé sur des émissions surprenantes, avec des sons qui me rappelaient les côtés les plus intenses des groupes comme Roxy Music ou Robert Wyatt que j'adorais déjà... pêle-mêle, sur les antennes, j'ai découvert la scène Dark, mais aussi la scène Hard Core, et la scéène metal qui à l'époque, n'avait pas encore son caractère ultra vulgaire ; d'ailleurs, il y avait peu de disques, surtout des démos, et tout ça n'était pas gai du tout, mais très excitant.
Pour la scène Dark, j'ai eu une révélation en écoutant une émission dont le générique était le Mecano Hollandais ( pas les cakes Espagnols ) , et qui rendait un hommage à Joy Division ( avec 24 Hours ), et enchaînant avec Dark Entries de Bauhaus, Back In Flesh de Wall Of Voodoo, et un titre du second Gang Of Four... le lendemain, je dépensais tout mon argent de poche.

3/ On a tous un petit trésor secret, un artiste qu'on est presque seul à connaitre, le tien serait lequel ?
Oh la, la ... c'est ennuyeux, je ne pense pas être si seul à connaître ( pour ne parler que de la musique qui nous préoccupe ) des groupes comme Mass, In Camera, Crispy Ambulance, UK Decay ou le Leitmotiv Anglais, en Goth ou Nocturnal Emissions, Hanatarash ou Werkbund mais tout ce que je peux dire, à l'époque, c'est que j'écoutais plus volontiers ces groupes là qu'Alien Sex Fiend, Sisters Of Mercy... ou en électro, je sais pas moi, Front 242 ou Skinny Puppy, par exemple, que je trouvais pas assez glauque.
Ca reste toujours un peu le problème, je suis un peu décalé des oreilles.
Par exemple, l'électronica, je trouve souvent ça plat, ennuyeux, et obsolète, là ou on va me dire que c'est que le fin du fin, et le top de l'avant garde...
Tout est une question d'échelle, et mon échelle à moi, elle va des Beatles à Merzbow, pour user de clichés, mais facile à comprendre .

4/ Ton plus grand regret concernant la scène francaise actuelle ?
Je n'ai pas de regret concernant la scène française actuelle, elle n'a pas à se plaindre, car j'ai connu une époque ou des groupes passionnants ne dépassaient pas le cadre d'un 1er single... aujourd'hui, je trouve que il y a des réseaux, une certaine solidité...
peut-être aussi parce que la musique n'est plus une affaire de groupe, mais surtout parce que le milieu underground est plus sage, et réfléchi. Ca, j'en suis sûr. Et je ne m'en plains pas...
Les 80's et le début des 90's, c'était plein de choses plus que bizarres, dont j'éviterais de parler. Moi même, j'ai lutté contre bien des abîmes.
Le scène Française n'a pas à se plaindre, même si les ventes ne sont pas toujours au top, plein de disques sortent, on en parle à l'étranger, et les labels sont nombreux et variés. Et les collaborations abondent... alors, quoi !?!?!

divine comedy

5/ Comment il faut faire pour prendre ta place et devenir responsable du label divine comedy ?
Il faut commencer par me tuer, puis tuer mon bras droit, Jean Pierre.
Moi, je suis sec et nerveux ; lui, nerveux et costaud...
bonne chance !!!

propos recueillis via mail le 16 février 2003

divine comedy
Website : http://divineco.records.free.fr/

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