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Soirée "Hérétics"
Lyon : 31 octobre 2000.
(évidemment, un clic sur les crobards et hop !)
Jeudi 2 novembre.
Retour sur
images, Lyon, mardi 31 octobre.
On nous a parle d'une certaine soirée.
Nous sommes curieux et
Lyon n'est pas si loin tout compte fait.
Lyon, la
ville... Peu de choses à en dire, nous ne l'avons vue que de nuit
: un petit cachet dans l'illumination futile
de monuments surprenants. (un autre cachet d'un autre genre dans le
périphérique payant...).
Halloween
se francise et se popularise...
L'avantage d'une nuit comme celle-la c'est
d'être "presque" comme "les autres" ; l'anonymat a un côté
reposant.
Le lieu...
Là commence un peu de la magie...
Etre goth à Lyon c'est Underground,
réEllemEnt.
La boite qui les accueille s'appelle "Le Woodland's", tout un programme...
Elle est situe sur les quais du rhone avec un PETIT cote glauque et
malsain des vieilles boites de ville portuaire.
Cachée en bas d'un escalier au fond d'une ruelle...
Une boite sortie tout droit d'une autre époque où Al Capone
aurait été à sa place. Avec en face pour crédibiliser
: un bus de CRS
(et ceux-là ne venaient pas pour un feu.)
Le côté
prohibition nous suit dans l'entrée
de la boite et la porte s'ouvre sur un autre univers.
Le temps semble s'y être arrêté quelques part dans les
années 80, on avait
15 ans, la vie avait encore un avenir.
La musique, les gens, les looks tout a gardé un côté intact
et désuet comme seules savent l'avoir les vieilleries.
La boite était ou est construite comme une ancienne geôle
et c'est bien là, toute la curiosité du lieu.
Le bar et la salle de danse étant on ne peut plus classique hormis
le côté vieillot. Mais quand on va fouiner, on découvre
une galerie qui mène aux toilettes et qui est aménagée
en cachots de plusieurs tailles, les plus grands sont aménagés
avec des banquettes ; dans les autres, il y a des mises en scène,
on ne peut plus goth.
On continue
et au fond dans une salle embrumée un groupe s'agite sur des sons électroïdes
qui nous happent.
Ca c'est la surprise, nos hotes avaient omis ce détail : un concert.
Le groupe ? Skoyz
(http://www.multimania.com/darkface/skoyz/skoyz.htm).
Ca bouge, ca remue, c'est
énergique, personne n'en demande
plus a un concert.
On a bien aimé et bien transpiré.
La soirée se poursuit. Errance diverse dans les galeries,
mondanites
diverses et apparition féérique.
La soirée en elle même ? Les nouvelles tendances
? Les ragoths ?
C'est étrange de parler d'une scène sans y appartenir,
on possède un oeil extérieur qui met certaines choses
trop en exerbe... La scène Lyonnaise possède ce charme tellement
propre à l'underground.
C'est comme si le temps s'y était arrêté, un espèce
de Twin Peaks goth (l'assassinat
de Laura en moins).
La multitude parisienne
est loin et chaque style devient un individu à part entière...
A Paris, elles sont légions les jeunesses
dénudées et vinylées
mais à Lyon, elles se comptent sur les doigts d'une main celles qui peuvent se le permettre.
A Paris, elles sont legions les princesses éplorées
à sauver mais à Lyon , elles
se comptent sur les doigts d'une main celles qui peuvent se permettre les
déplacements nécessaires à un tel achat.
A Paris, la tafiolle a depuis longtemps
abandonné tout symbole exterieur de fachisme
à force de huées mais dans
un microcosme si restreint que celui de Lyon,
on peut pardonner bien des fautes de goût à celui qui vient grossir
les rangs d'un underground menacé.
A Paris, les trentenaires débonaire de
"c'était mieux avant", ont fini par fuir sous le poid de la jeunesse
multitude et bruyante ; à Lyon, le côté
préservé d'une scène si petite, a su préserver
les sus-cités trentenaires les laissant moins désabusés
et plus ouverts à une jeunesse synomyne de renouveau.
A Paris, la multitude touristes noit la vérité
d'un mouvement qui se meurt noyé sous l'appât d'un renouveau
rémunérateur. A Lyon, le touriste
n'irait sans doute jamais s'aventurer dans un milieu si clos. Voila ce
qui les sauvent, les préservent.
Regarder
évoluer les vieux new-ageux intacts dans
leur look, dans leur attitude, dans leur facon de danser au milieu de la faune
gothique habituelle donne un parfum d'authentique.
Un air
de nostalgie qui nous ramenera à Lyon.
J'aurais encore des quantités de choses à vous dire sur Lyon
mais aucune n'aurait sa place sous cette rubrique.
Bien à vous, votre dévouée chroniqueuse de soirée
goth
Sand