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le punk : fondateur

Mouvement devenu mythique, revendiqué par la majorité des cultures alternatives comme origine/précurseurs.
Imprègné de nostalgie et parfumé d'un air d'authenticité comme aucun autre mouvement...
Le texte ci-après est le forfait de FabCrobard.

PUNK
"punk"est un terme d’argot londonien (le fameux Cockney) signifiant "dégueulasse", "pourri".
Pourquoi un mouvement a-t-il voulu revendiquer une image pareille ? Pourquoi se définir par un tel adjectif ?
Pourquoi la culture urbaine qui allait influencer le plus radicalement la société occidentale se revendique comme celle des "dégueulasses" ? un retour en arrière sur l’historique du mouvement pourra peut être, vous donner quelques clefs...

LES PRECURSEURS : début des années 70, les grands mouvements contestataires sont morts et ont prouvé leur inutilité. Le monde de la musique n’échappe pas à cette règle : les grands provocateurs ont disparu (hendrix, morrisson) et les survivants se réfugient dans un star-system où toute tentative de subversion est noyée sous les dollars. Les groupes remplissent des stades où plus aucunes émotions ne passent, lors de concerts minutés à la seconde près. Pourtant, au milieu de tout cela, plusieurs ovnis musicaux commencent a défrayer la chronique...
- IGGY POP & THE STOOGES : au milieu du glamour post-bab, iggy fout un beau bordel. Les concert des stooges défient l’imaginable (du moins pour l’époque) : ils sont dingues, ils sont défoncés, ils insultent même le public. En 74, les images d’iggy, a poil, rampant sur les tessons de bouteille en hurlant " i wanna be your dog " révulsent l’Amérique. L’ambiance n’est plus trop "flower power", on pense plutôt à des images de suicides, de frustration sexuelle et de défonce misérable. Cette attitude malsaine et sans concession se retrouvera tout naturellement chez les punk, qui idolâtreront "l’iguane" et sa destroy-attitude.
- THE NEW YORK DOLLS : début 70, ils oseront monter sur scène en talons aiguilles, les cheveux crêpés dans tout les sens, maquillés jusqu’aux oreilles et habillés de fringues lacérés à coups de cutter. 15 ans avant "sigue sigue sputnik", un groupe misera tout sur la provoc visuelle pour asseoir sa réputation. Extravagance, exubérance, tel sera le crédo de ce groupe qui, le premier, pensera que "tout est permis". Laminé par la critique, ces grande folles séduiront quand même un public hypnotisé par ces hybrides de princesse et de clochard.
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THE MC5 : avec leur look de loubard, les MC5 cracheront à la face des USA de véritable brûlot anarchiste. Tout passe à la moulinette de leur rage anti-système : le capitalisme, les USA, l’URSS, la guerre au vietnam, les usines Ford, les bourgeois. La conscience politique n’est pas une nouveauté dans le rock, début 70’s, mais là, on ne parle plus de politique ! les MC5 appellent carrément à l’émeute ! traitant les flics et les militaires de porcs et se faisant arrêter à de nombreuses reprises. Ce "militantisme sans étiquette" planera longtemps sur le mouvement punk, la fameuse fuck- attitude.

L’EXPLOSION : 1975, l’Angleterre est un bourbier économique. Les quartiers ouvriers sont remplis de jeunes désoeuvrés pour qui le système est en faillite totale. Si les années 60 furent l’ère de la contestation, les années 70 sont l’ère de la consternation. Les institutions ont épuisés leur crédit de confiance et même le rock est devenu une institution. Au milieu de ce Londres ravagé de morosité et d’ennui, des choses étranges se trament pourtant. Des magasins ouvrent et proposent des fringues complètement hallucinantes (SEX, tenue par... Malcom mc Laren et vivienne Westwood !), des petits clubs miteux (le Roxy où débuteront les SEX PISTOLS et les SHAM 69) font passer des groupes totalement inconnus qui transforment les concert en émeutes. Une génération entière refuse l’avenir et trouve drôle de brandir son autodestruction comme un étendard. Demain n’a plus de valeur, "conséquence" est rayé du dictionnaire. Seul compte l’énergie et le plaisir de l’instant dans ce Londres sinistre, tout le reste n’est plus que de la rigolade. Plusieurs groupes marqueront cette époque déjantée...
- THE SEX PISTOLS : malcom Mc Larren, alors propriétaire du magasin SEX, décide de faire de 4 voyous à moitié débile, un groupe mondialement connu. Son arme ? un sens très sûr du scandale et l’absence de limite des 4 voyous. Poussé par le machiavélique Mc Larren, les 4 SEX PISTOLS vont tout ravager sur leur passage : ils traitent le Drucker local "d’enculé" en direct à la TV et lui crachent dessus, johnny Rotten (le chanteur) jette des briques sur les voitures qui passent sous les fenêtres de son appart, sid Vicious (le bassiste) explose les photographes à coup de basse en plein concert, bref l’Angleterre panique devant ces 4 monstres pour qui le mot "limite" n’a plus de sens. Leur musique cloue sur place par son énergie, la voix nasillarde de Rotten donne envie de casser des meubles, bref, un concentré de rage et de haine à l’état pur.
L’Angleterre s’identifiera à ces fous, le monde suivra : le Punk est né.

Mac larren va escroquer 6 maisons de disque en arborant fièrement son t-shirt "cash from chaos". Devenus des mythe nationaux, les PISTOLS resteront l’archétype du groupe punk : gueulards, cinglés, défoncés, autodestructeurs et mort de rire.
- THE CLASH : aussi déjantés que les Pistol d’une certaine manière, les CLASH produiront un rock plus "social". Surgit, eux aussi, des bas-fond de Londres, les 4 CLASH monteront sur scène pour appeler à l’émeute et affirmer haut et fort "qu’ils combattent la loi !" une musique jouissive comme un cocktail molotov en plein vol, ils donnent envie de monter des barricades en bas de chez soi. Ils transformeront les concert en forum politique et refuseront (du moins, au début) la moindre compromission commerciale, débarquant avec leur t-shirt brigade rouge (mais sid Vicious avait bien un slip à croix gammée, après tout !) et leur message anti-flic ils resteront les porte-paroles des laissés-pour-compte, des chômeurs, des minorités raciales et des sans-avenir.
- THE DAMNED : les DAMNED resteront les bouffons du punk. Hirsutes, gesticulant et hurlant des textes complètement débiles, ils s’amusent avant tout. Réponse par l’absurde à la sinistrose de l’époque, leurs concerts ressemblent à de vastes cirques déjantés où tout est permis. Ils évolueront vers une tendance plus grand-guignol et morbide qu’on retrouvera quelque années plus tard chez les gothiques.

LES CONSEQUENCES : début 79, Sid Vicious s’est fait son dernier fix d’héro mais l’Europe et les USA sont définitivement traumatisés par l’esprit punk. La musique, la mode, le cinéma et la BD sont profondément bouleversés par l’explosion de cette rage nihiliste. Mais de nombreux groupes continuent de se revendiquer punk et traverseront les années 80, le majeur dressé.
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GBH, EXPLOITED, DISCHARGE : ces groupes seront les fers de lance du mouvement PUNK NOT DEAD, qui essayera de garder l’esprit initial du mouvement à travers les 80’s. ces groupes se caractériseront par une musique ultra-bruitiste à la limite de l’écoutable (on est loin de certaines ballades des CLASH), un discours terminalement anarchiste et des look de rescapés d’attentat (grosses influences sur les punk à chien actuels !;-). Comme tous les mouvements trop rigides, il finira par s’essouffler et tomber dans la caricature.
- BERURIER NOIR, OBERKAMPF, LUCRATE MILK : début des années 80, la France de Daniel Gilbert et de Dalida commence à voir surgir de plus en plus de ces groupes de hurleurs qui ne respectent rien. La scène française se caractérisera par une plus grande ouverture musicale (influence reggae-latino pour la MANO NEGRA, électronique pour METAL URBAIN) et un côté plus positiviste et alternatif que la scène anglaise. Parti comme un délire de potes dans une caves de citée, les BERU deviendront la référence mondiale en matière de punk francophone, rien de moins.
- THE RAMONES, DEAD KENNEDYS : de l’autre côté de l’atlantique, les crêteux surgissent également de partout. Ecrasés par la toute puissance militaro-économique de leur pays, les punk US seront souvent de grand militant politique (JELLO BIAFFRA , le chanteur des DEAD KENNEDYS par exemple). Souvent plus sobres de look et plus créatifs musicalement, ces punk-là se réfugieront dans un militantisme enragé qui donnera le mouvement punk hard-core.

ET MAINTENANT ? malgré l’apparition d’un mouvement néo-punk (puant le coup marketing) au milieu des années 90 (OFFSPRINGS, GREEN DAY), l’esprit originel du punk s’est toujours perpétué en gardant jalousement son statut de mouvement underground. Presque 30 ans après son apparition, le mouvement qui n’avait pas de futur continue de fasciner les foules. L’esprit auto-destructeur et rigolard qui habitait les premiers punk continue d’être d’actualité, la jouissance née du chaos n’est pas prête de s’éteindre.

Puisse cette petite rétrospective (remplie d’oublis et de raccourcis, je sais !) vous avoir éclairé sur l’âme et l’histoire des "dégueulasses" !
And god save the queen !

Liste évidemment non-exhaustive.
FabCrobard

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