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Prélude à Leipzig :
Tout s'est décidé en 24 heures, le lundi nous avions fait le deuil de Leipzig, le mardi, un mail nous offrait des accréditations-press, dans la nuit nous avions trouvé une charmante conductrice.
Départ sur les chapeaux de roues, à peine au courant du programme, la tête pleine du Leipzig passé, caniculaire et étouffant, nous quittons la france avec 2 malheureux sweats et pas l'ombre d'un pull.
Les autoroutes défilent et avec eux les travaux, quand arrive Francfort, chanceux nous y arriverons juste après un accident ça nous coûtera 4 heures entre les embouteillages et les détours, de la
folie pure, même le périph n'est jamais si bouché !

La nuit de jeudi à vendredi :
Minuit, nous voici errants dans Leipzig, frigorifiés et perdus, 2 âmes charitables nous aiguillent dans Leipzig et nous indiquent au passage que le plan fourni avec le programme est loin d'être complet.
Après un arrêt hypothétique à Volk's park ( 2° site de camping lors de la 9° édition du WGT ), nous nous décidons à rejoindre AGRA.
Arrivé sur Agra dans le chaos, des centaines de goths semblent se déverser là, seuls les heureux élus ayant déjà acheté leur place sont acceptés pour pénétrer dans le Saint des Saints.
Nous nous imaginons déjà passer la nuit au froid, dehors, sans même savoir qui est déjà arrivé.
Le portable magique de Jeck servira une fois de plus à réunir tout le monde et notre connaissance du site nous permettra de rentrer sans avoir la précieuse entrée.
Dans le camping, c'est de la
folie pure, tout le monde sait que l'emplacement camping est limité, cette année, et les tentes s'emmêlent les unes dans les autres ; les gens se posent n'importe où : à qui sur du béton, à qui sur des cailloux.
Nous héritons d'une malheureuses parcelle de gravier où il est impossible de seulement envisager planter une sardine, la poser tout au plus.

Le vendredi :
Après 4 heures d'effort vains et profitant du petit jour nous partons dans le camping repérer une hypothétique parcelle de pelouse grasse ; l'arrivée de Val et son expérience de la tente noyée suffira à convaincre nos petits camarades de lever le camp, ça nous sauvera des inondations.
Une fois le camps réinstallé, il est plus que temps de passer aux choses sérieuses et à la découverte de ce nouveau Leipzig.
La journée du vendredi est toujours considérée comme sacrifiée que ce soit à cause de l'installation, des queues pour obtenir les pass ou simplement parce que tout le monde retrouve tout le monde.
Nous reprenons nos marques dans un Leipzig, bien différent de celui que nous avions connu, Agra est tout petit et ne compte plus qu'une salle de concert, un hall de shopping et une salle de soirée.
Premier vent de découragement, à quoi bon être obligés de camper à Agra si le site ne propose plus autant de choix qu'avant.
Le temps continue de s'enliser dans une valse de vent et de pluie, tout le monde cherche à acheter un sweat et le parapluie au logo du festival se vend comme des ptits pains.

Le samedi :
Le temps se dégage, grâce à un vent plus que polaire, dans un
fol espoir nous espérons voir le temps s'arranger et nous partons à la découverte des divers sites, dont le fameux marché médiéval que nous n'avions pas pu voir l'an passé du fait de la faillite du festival.
La pluie nous ramène à Agra, épuisés, dégoulinants et toussants.

Le dimanche :
Le terrain détrempé commence à devenir impraticable, les sardines n'ont plus aucunes prises dans la boue spongieuse qui sert de sol. Certaines tentes ont commencé à s'effondrer, d'autres sont plantées dans des lagons de 10 cm de profondeur, d'autres encore sont devenues des espèces de piscines où surnagent duvets et vêtements.
Certains commencent à déclarer forfait et depuis le petit matin, le camping se parsème d'emplacements libres.
Nous trouverons le courage de bouger encore pour assister à quelques concerts dans un endroit propre et sec.

Le lundi :
Nous avions prévu depuis le début de partir le lundi mais en tout honnêteté, ce départ a été vécu par chacun d'entre nous comme un véritable soulagement, 2 sentiments se mêlaient, la volonté de rester à Leipzig dans son atmosphère de fête et fuir ce magma de boue où nous pataugions depuis 3 jours.

Postface du X° W.G.T :
Ce qui restera de ce Leipzig, la sensation d'avoir vécu Woodstock en version goth.
Tous ceux qui auront vécu ce Leipzig là auront l'impression d'avoir partagé quelque chose de fort et ça l'était rien qu'en restant dans la boue ambiante.
Personne n'oubliera les robes à crenoline mouchetées de boue, ni les plates-formes-boots dérapantes sur la boue.
Personne n'oubliera ces charmantes vénus dénudées, lookées qu'il ventent ou qu'ils pleuvent.
Et personne n'oubliera non plus, le concours de bain de boue lancé par nos voisins métalleux-allemands qui offraient si généreusement 20 bières de 0,5 litres + 1 litre de sky + 1 paquet de clops à qui se roulerait dans la boue ; personne ne les oubliera se jettant à 3 dans le marécage gluant qu'était devenu le chemin afin de montrer l'exemple à d'éventuels participants.

C'était froid, triste et mouillé mais c'était Leipzig,
et quoiqu'il arrive ce festival gardera toujours un parfum de magie.

Sand

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